Préparer ses ravitaillements sur une longue sortie gravel ou ultra

Sur une sortie de 200 ou 300 km, ce n'est pas la bosse qui te met à genoux, c'est la gourde vide au mauvais moment. Voici la méthode que j'applique pour préparer mes longues sorties, et comment je la reporte sur le profil.

Par Thomas, cycliste route et gravel · publié le 5 novembre 2026

Ce guide parle d'organisation, pas de nutrition sportive. Les quantités à boire et à manger dépendent de chacun, de la chaleur, de l'intensité et de ce que ton estomac tolère. Je ne donne pas de chiffres : teste à l'entraînement, et pour un objectif important, demande conseil à un professionnel de santé ou à un diététicien du sport.

Partir de la trace, pas du ressenti

La première étape se fait chez toi, avec la trace sous les yeux. Ouvre-la dans ton outil de cartographie habituel et note tout ce qui peut servir : villages traversés, boulangeries, épiceries, stations-service, cafés, fontaines. En France, les cimetières ont souvent un robinet, mais ce n'est pas une règle : ne compte jamais sur un seul point d'eau.

Regarde aussi les horaires. Un village avec une boulangerie fermée le lundi ou l'après-midi ne vaut rien si tu y passes à ce moment-là. Sur une sortie qui commence tôt ou qui se termine tard, les stations-service sur les axes principaux sont parfois les seules ouvertes. Sur une épreuve, l'organisateur publie en général la liste de ses ravitaillements officiels : note leur kilomètre, ce qu'on y trouve (eau seule, ou solide aussi) et leurs horaires d'ouverture s'il y en a.

Découper la sortie en segments

Une fois les points notés, je découpe la sortie en segments, d'un point d'eau sûr au suivant. Pour chaque segment, je regarde trois choses sur le profil :

  • la distance, évidemment ;
  • le dénivelé : vingt kilomètres de montée ne se boivent pas comme vingt kilomètres de plat ;
  • le terrain et l'heure : un segment de gravel en milieu d'après-midi en plein soleil sera plus long et plus gourmand qu'un segment de route le matin.

Raisonne en temps plutôt qu'en kilomètres. Sur du gravel cassant ou avec beaucoup de dénivelé, ta vitesse moyenne peut chuter nettement, et c'est le temps passé sur le vélo, pas la distance, qui vide les bidons. Le segment le plus long en temps est celui qui fixe ce que tu dois emporter au départ de chaque arrêt.

Prévoir une marge et un plan B

Les imprévus sont la règle sur une longue sortie : une crevaison qui te coûte une demi-heure, un détour imposé, un commerce fermé, un orage. Pour chaque segment long, je prévois de quoi tenir au-delà du temps estimé, et je repère un point de repli possible à quelques kilomètres de la trace. Si un ravito officiel peut manquer de quelque chose, considère qu'il en manquera.

Pense aussi au retour à la civilisation : sur un ultra, l'arrêt le plus important n'est pas forcément le plus long, c'est celui avant la section isolée. C'est là qu'il faut remplir à fond, même si tu n'as pas soif.

Manger et boire avant d'en avoir besoin

Le conseil que tout le monde donne et que tout le monde oublie au bout de six heures : la faim et la soif arrivent trop tard. Beaucoup de cyclistes d'ultra se fixent un rythme régulier (toutes les X minutes, ou à chaque repère kilométrique) plutôt que de se fier à leurs sensations. Le bon rythme, c'est le tien : trouve-le à l'entraînement, sur des sorties longues, avec les produits que tu utiliseras le jour J. Ne teste jamais un nouveau gel ou une nouvelle boisson le jour de l'objectif.

Un rappel visuel aide beaucoup quand la fatigue s'installe. C'est pour ça que le sticker propose des rappels de nutrition : une petite pastille le long du profil tous les N kilomètres, avec le libellé de ton choix (« gel », « barre », « boire »). Tu choisis l'intervalle selon ton propre rythme.

Reporter tout ça sur le profil

Une fois le plan fait, l'idée est de ne plus avoir à y penser en roulant. Sur un compteur GPS, il faut naviguer entre les écrans pour savoir où est le prochain arrêt ; sur un sticker collé sur le dessus du tube horizontal, un coup d'œil vers le bas suffit. Dans l'atelier :

  1. importe ta trace (voir comment exporter ton GPX) ;
  2. dans l'onglet Repères, ajoute chaque ravito avec son kilomètre et un libellé court : « Eau », « Boulangerie », « Base vie ». Tu peux aussi toucher directement le profil à l'endroit voulu ;
  3. ajoute les cols ou les difficultés que tu veux voir venir ;
  4. active les rappels de nutrition à l'intervalle qui te convient.

Si tu préfères une version papier pour ton roadbook ou pour la partager avec ton groupe, le générateur de profil fait la même chose en image, avec un repère par ligne.

Ma checklist avant une longue sortie

  • Liste des points d'eau et de ravitaillement, avec kilomètre et horaires.
  • Segments les plus longs en temps repérés, et ce que j'emporte pour chacun.
  • Un point de repli pour chaque section isolée.
  • Produits testés à l'entraînement, rien de nouveau le jour J.
  • Ravitos et rappels reportés sur le profil, sur le dessus du tube ou dans le roadbook.

Pour mieux anticiper les sections difficiles, le guide lire un profil altimétrique explique comment repérer les pentes qui comptent vraiment.

Questions fréquentes

Combien dois-je boire et manger par heure ?

Je ne donne pas de chiffre : cela dépend de toi, de la chaleur et de l'intensité. Teste à l'entraînement et, pour un objectif important, demande l'avis d'un professionnel.

Comment noter un ravito qui n'est pas sur la trace ?

Mets-le au kilomètre où tu quittes la trace, avec un libellé explicite, par exemple « Épicerie à 500 m ».

Les rappels de nutrition remplacent-ils une alarme sur le compteur ?

Non, ils se complètent : l'alarme te prévient, le sticker te montre où tu en es sur le parcours.